Mon banquier est il de bon conseil ?

Mon banquier est il de bon conseil ? Imaginez des milliers d'épargnants qui pensant placer leur argent en toute sécurité se retrouvent, sans qu'ils ne le sachent, avec un patrimoine infecté par des crédits immobiliers à risques contractés par leur cher banquier. Il s'agit pourtant pas d'une fiction mais bien ce qu'il s'est passé en 2007 avec la crise des Subprimes, dont on tente encore en 2013 de cacher une partie du cataclysme. Mais... les conséquences sont réelles et cette crise a participé au déclenchement de la récession sans précédente que nous vivons aujourd'hui.

Si il est vrai que le nœud du problème se situe dans les hautes sphères de la finance, à notre échelle, nous citoyens et épargnants, nous avons été victime de nos banquiers peu scrupuleux, plus commercial que conseillé, pris en tenaille entre l'intérêt de la banque qui leur fixe des objectifs rémunérés, et celui de leur client. Si notre banquier de quartier n'est bien sûr qu'un maillon de la chaîne, il reste le seul lien entre nos économies et le monde tentaculaire de la finance.

Si l'objet de cet article n'est pas de réécrire l'histoire de la plus grande crise de l'histoire de la finance, il nous amène à nous interroger sur l'évolution des pratiques commerciales de nos chers banquiers. Si cela n'a rien de systématique, l'étude réalisée par « 60 millions de consommateurs » démontre que l'on peut difficilement leur faire confiance.

L'enquête remonte en octobre 2012, où des « clients mystères » ont été envoyés dans 180 agences des neuf principaux réseaux bancaires pour des conseils en placement. A chaque fois la même approche : « J'ai hérité de 60 000 euros, je recherche un placement sécurisé, que me proposez-vous ? ». Un plan d'épargne en action, une assurance vie en unité de compte, des actions, des sicav, 54% des conseillers orientent les clients mystères vers ces placements risqués, contre leur volonté. Pire, un tiers des 157 faux clients qui ont été dirigés vers une assurance-vie n'ont pas clairement saisi ce qu'on leur proposait, et 45% d'entre eux ont dû réclamer le montant des frais de cette assurance à des professionnels peu coopératif. Plus aberrant encore, seulement une agence sur deux s'intéresse à la situation financière du client (revenus, dépenses, projets) avant de l'orienter vers un placement. Mais gardons le meilleur pour la fin... un de ces faux clients reçu dans une agence du groupe Société Générale a reçu une proposition pour une assurance-vie multi support, comprenant 20% d'actions en bourse, lui affirmant en même temps que ce placement comporté aucun risque. Dans une agence du Crédit Agricole, on a essayé de lui vendre un crédit au lieu de lui proposer un placement sécurisé pour ses 60 000 euros. Étonnant !?

Il est bon de garder en tête qu'une banque fonctionne comme un commerce, et votre banquier est d'abord là pour vous vendre des produits. Ainsi quand celui-ci vous propose un produit financier, cela ne signifie pas que le produit en question correspond à votre besoin, mais cela signifie que lui a un intérêt à vous le faire acheter. Ce même banquier n'est pas toujours au fait des subtilités et enjeux de ces mécaniques délicates que sont ces produits.

Mais le premier piège réside dans un mal bien français, celui des frais bancaire. Si les banquiers préfèrent parler de « commissions », il n'en reste pas moins que ces petites sommes qui mises bout à bout finissent par pesée dans nos budgets. L'Union Européenne a épinglé la France avec des frais bancaires moyen de 140 euros par français et par an quand la moyenne européenne ne dépasse pas 70 euros. Ces sommes peuvent représenter jusqu'à 80% du produit net bancaire de certaines banques.
En ces temps où l'on parle beaucoup d'Or comme le principal rempart à l'inflation, n'espérez pas le soutient de votre banquier. Pour votre banque, l'Or est une très mauvaise affaire, car elle ne peut compter que sur une commission à l'achat puis, plusieurs années après, une commission à la vente. Vous l'aurez compris, une assurance vie, un compte épargne en action permettent de générer pour elle des commissions récurrentes.

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